En matière de radicalisme, je garde le G

22 05 2018

Constatant la dérive macronienne et libérale du Mouvement Radical, parti issu de la fusion du Parti radical (PR) et du Parti radical de gauche (PRG), j’ai décidé de le quitter et d’adhérer au mouvement « Les Radicaux de Gauche ». Ce nouveau mouvement se veut l’héritier du PRG et de ses idéaux.

Voici le courrier que j’ai adressé à Sylvia Pinel, dernière présidente du PRG et co-présidente du Mouvement Radical.

Madame la Co-Présidente,

J’ai adhéré au Mouvement des Radicaux de gauche en septembre 1989, profitant conjointement de mon premier vrai salaire et d’une année symbolique pour notre République.

Le MRG était alors ce parti de centre-gauche, républicain, européen, solidariste et progressiste. Un Mouvement qui sûr de ses alliances, avait participé aux victoires et aux gouvernements de Gauche depuis 1981. Accompagnant, les progrès sociaux et sociétaux que seul notre camp pouvait apporter aux Français. J’ai aussi participé, à mon échelle, à la campagne européenne d’Energie Radicale, à la candidature présidentielle de Christiane Taubira. Des moments forts, dans la vie d’un militant, qui pouvait constater que le radicalisme était entendu de nos concitoyens, voire même attendu.

J’ai donc vécu, au-travers des campagnes ou des congrès du parti, nombre de soubresauts qui ont agité, en bien comme en mal, le radicalisme de gauche. Toujours au sein d’une fédération de Seine-et-Marne, qui en aura aussi connus beaucoup, elle-même et que j’ai eu l’honneur de présider.

Lors de son congrès de décembre 2017, le PRG a décidé de sa fusion avec le Parti radical. Cette fusion promettait une nouvelle ère pour le radicalisme. Bien entendu, chacun des 2 partis devait rompre ses anciennes alliances. Mais l’idée, enthousiasmante et audacieuse, d’unir les Radicaux dans un mouvement indépendant, prêt à faire le sacrifice de sièges, d’élus, d’influence, pour mieux renaitre, revenir plus fort, était motivante et séduisante. Nous, Radicaux, allions nous battre sur nos valeurs propres. Celles qui ont construit la République et qui ambitionnent de bâtir une Europe fédérale. Et bien sûr, Sans renier notre histoire, qui depuis 1972, était clairement dans le camp du progrès. Ce qui pouvait nous classer dans une opposition intelligente, constructive, mais vigilante.

Malheureusement, quelques mois après ce congrès, il faut bien reconnaitre que l’enthousiasme est retombé. Les appels à l’alliance avec le parti présidentiel  ; la perte d’influence certaine de la fraction « PRG » au sein du nouveau Mouvement ; l’absence de réactions de celui-ci sur les accommodements présidentiels avec la laïcité, les attaques contre le pacte social et les service publics, sans parler des futures atteintes à la démocratie parlementaire que nous prépare le gouvernement .

Tout cela tend à me démontrer que le Mouvement radical pour survivre, va devenir, au cours de la révolution libérale en cours, l’associé flexible de la « reaganisation » de la France, où tout ce que nous avons élaboré depuis plus de cent ans, comme la cohésion territoriale, la neutralité religieuse de l’Etat, les grands services publics, la solidarité nationale, va être sacrifier sur l’autel du marché et de la finance.

Tout cela, je ne peux l’accompagner et c’est à regret que j’ai décidé de quitter ce parti.

Je reste persuadé que le radicalisme à de l’avenir dans ce pays, non seulement parce que leurs histoires se confondent, mais parce que le radicalisme a une grande partie des réponses que recherche notre nation. Mais, le radicalisme ne peut se perdre dans des calculs politiques qui lui feront renier son histoire et ses idéaux.

Vous souhaitant bonne réception de cette lettre,

Veuillez recevoir, Madame la Co-Présidente, mes plus sincères salutations,

 

 


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