Faut-il considérer Mr Macron comme un négociateur hors-pair ? Par RG Schwartzenberg

3062017

Au lendemain du retrait des Etats-unis de l’accord de Paris, sur le climat, Roger-Gérard Schwartzenberg, Député PRG du Val-de-Marne et Président du groupe RRDP à l’Assemblée nationale, réagit sur les capacités, supposées, du Président de la République, Emmanuel Macron, en matière de négociations internationales.

Le Député PRG ne tombe pas ainsi, dans la béatitude macronienne, quasi quotidienne des médias et d’une grande part de la classe politique, et sait, comme Radical de gauche, conserver son sens de la raison républicaine.

rgs

 




Je veux que la Gauche gagne demain !

24112016

Ci-dessous le texte d’Annick Girardin, Ministre de la Fonction publique et vice-présidente du Parti radical de gauche, sur sa volonté de s’engager pour la victoire de la gauche, en 2017, paru sur son blog.

Pour visiter le blog d’Annick Girardin : http://annickgirardin.unblog.fr/

girardinblog

  » De Saint-Pierre et Miquelon, où j’anime des consultations d’agents pour construire la fonction publique de demain, je salue les militants du Parti Radical de Gauche qui se réunissent en Convention présidentielle le samedi 26 novembre à Paris.

Nous y déciderons de notre stratégie en vue des échéances électorales de 2017.
Dans ce processus, les militants auront toute leur place car ne l’oublions jamais, notre parti ne vit que par et pour eux.

Si, certains évoquent l’abattement de la gauche, je rappelle que la combativité anime les Radicaux de gauche. Nous réfutons le déclinisme et le pessimisme dans lesquels se complaisent trop de responsables politiques, syndicaux, de journalistes et d’intellectuels.

Ministre du Gouvernement, je reste une militante du PRG et je veux que la gauche gagne demain. C’est possible !

Comment ? En refusant les stratégies de division qui conduisent à l’affaiblissement de la fonction présidentielle, en favorisant les conditions du rassemblement de la gauche, en préservant l’unité du parti tout en garantissant notre indépendance à gauche.

Etre impliqué dans l’action gouvernementale ne doit pas empêcher le PRG de se projeter dans l’avenir. Pour cela, il nous faut relancer collectivement les grands chantiers qui fondent notre identité politique mais qui ont été mis entre parenthèses. Je pense aux réflexions sur une 6ème République, à la lutte contre l’isolement géographique et social de nos territoires en particulier en outre-mer, à la défense d’une laïcité émancipatrice, à l’édification d’une Europe fédérale et sociale ou encore aux problématiques liées à la fin de vie…

Ces sujets ne sont pas déconnectés de la réalité. Au contraire ce sont des réponses concrètes au populisme qui gagne progressivement les esprits et permettent de lever les blocages qui paralysent notre société. Ils constituent des outils indispensables pour remobiliser les Français, notamment les plus jeunes, autour du projet républicain. Ils sont les ferments de l’unité de demain !

Face à la droite qui prépare une casse sociale sans précédent, nous devons rester mobilisés. Notre histoire, le radicalisme et la gauche ne se gomment pas. Vous pouvez compter sur mon engagement à vos côtés !

Bonne Convention présidentielle à toutes et tous ! « 

Annick Girardin, Vice-Présidente du Parti Radical de Gauche




Il faut s’engager radicalement pour la jeunesse par la mise en œuvre d’une politique volontariste en matière de formation professionnelle et d’apprentissage

23072016

Contribution au congrès du PRG des 2 au 4 septembre 2016, présentée (parmi les 5 signataires) par David Charpentier, Secrétaire National et Secrétaire Général du PRG77

Nous voulons réaffirmer l’impérieuse nécessité de réactualiser et renforcer les objectifs et moyens en matière de formation professionnelle et apprentissage afin de permettre à notre jeunesse d’y concrétiser sa nécessaire émancipation et son avenir.

Nous plaçons notre démarche dans la recherche de cohérence d’une politique de réforme de notre pays.

La formation professionnelle et l’apprentissage sont en effet de formidables possibilités d’apprendre qui rapprochent les jeunes du milieu du travail. Parce qu’ils sont baignés dans une réalité professionnelle et sociale, ces jeunes prennent alors davantage conscience de ce que peuvent leur apporter les enseignements théoriques.

Le choix de renforcer l’apprentissage est un choix symboliquement fort. Cependant il n’est pas possible de le renforcer en surestimant la capacité de l’entreprise à accompagner ces jeunes, à les parrainer. Par conséquent, des dispositifs concrets et concertés doivent permettre au niveau des employeurs, de renforcer le rôle, la sécurité des jeunes et de l’entreprise et les moyens (notamment en temps dédié) des « tuteurs » et « parrains » d’assurer véritablement leur fonction d’accompagnement (sans que ce soit au détriment de leur propre charge de travail).

Il convient également de garantir la protection des mineurs (notamment à l’égard des horaires) tout en trouvant des solutions concertées pour tenir compte à la fois des contraintes professionnelles dans le milieu du travail et de la nécessité de conserver le caractère fondamental des compétences et acquis scolaires, afin de faciliter leur intégration professionnelle mais aussi garantir un socle d’apprentissages fondamentaux, tant généraux que techniques.

Aujourd’hui, au vu de la situation de la formation professionnelle et de l’apprentissage, il faut clairement se poser la question : combien de temps, d’argent et d’énergie ? Et pour quels résultats ?

C’est donc une remise à plat complète des dispositifs qu’il faut entreprendre et nous croyons à la nécessité d’instaurer un véritable tripartenariat : Etat / Partenaires sociaux / Régions.

Le Premier pour qu’il reprenne le pilotage de l’ensemble du dispositif – aujourd’hui bien trop « éclaté » -

Les seconds pour qu’ils assurent le nécessaire équilibre social

Les troisièmes pour qu’elles fassent véritablement œuvre d’articulation territoriale et d’accompagnement concerté avec les uns et les autres.

Par ailleurs, il convient de s’interroger sur les moyens à mettre en œuvre pour

- restaurer la confiance et la motivation des élèves orientés vers l’enseignement professionnel et l’apprentissage,

- donner à ces filières la reconnaissance qu’elles méritent,

- et y constituer des voies d’excellence, d’abord par la poursuite des études en BTS (mais aussi par l’accès aux classes préparatoires), aujourd’hui en proportion trop faible (moins de 50%) et conduisant à trop de décrochage scolaire et trop d’échec aux examens, ce qui démontre qu’il y a lieu de réfléchir et d’agir, fortement, rapidement et efficacement.

C’est donc une refondation radicale de la formation professionnelle et de l’apprentissage que nous appelons de nos vœux. Dans l’intérêt de notre jeunesse, dans l’intérêt général de notre nation.

Jean-Pierre Bernard, Secrétaire Général du PRG29, membre du CD

Nadine Carré-Tea, Secrétaire Générale du PRG33, membre du CD

David Charpentier, Secrétaire National, SG PRG77, membre du SN, du BN et du CD

Pierre-Emmanuel Costeux, PRG 29, chef d’entreprise

Damien Pernet, PRG 38, professeur en lycée professionnel




Ecrire une nouvelle page de l’histoire du radicalisme en France, dans une tradition progressiste, solidariste et libertaire

23072016

Contribution au congrès du PRG des 2 au 4 septembre 2016, signée par de nombreux militants du PRG77

Le radicalisme est le plus ancien courant politique républicain en France : il a notamment été à l’origine de la loi de séparation des Églises et de l’État en 1905, de la création du ministère du Travail et des retraites ouvrières et paysannes, ainsi que de l’instauration de l’impôt progressif sur le revenu et de la création du mouvement mutualiste (initié par Léon Bourgeois).

À toutes les grandes périodes de l’histoire de la gauche en France, les Radicaux puis les Radicaux de gauche ont répondu présents : lors du Front populaire, dans la Résistance autour de la figure de Jean Moulin, dans le combat anticolonial avec Pierre Mendes-France, dans la création de la Fédération de la Gauche Démocratique et Socialiste, puis de l’Union de la gauche, de la Gauche plurielle et dans la mise en œuvre des Primaires citoyennes.

Notre tradition et notre histoire s’enrichissent des traditions solidaristes de Léon Bourgeois, progressistes de Pierre Cot et Madeleine Zay, et libertaires dans la défense ardente des libertés. Aujourd’hui que la politique en France suscite un rejet sans précédent dans l’opinion publique, notre conviction est qu’il faut rassembler toute la gauche et les écologistes pour écrire une nouvelle page de l’histoire de la gauche, forte de notre tradition radicale, dans le refus commun des politiques de régression en matière sociale, de laïcité, de défense des droits des étrangers et sur le plan sécuritaire qu’incarnent la droite et l’extrême-droite.

La gauche de gouvernement n’a jamais eu d’ennemi à gauche : ceux qui encouragent des clivages internes à la gauche, voire lorgnent vers la droite en faisant croire que le clivage gauche-droite est dépassé, portent le danger mortifère de la division des forces progressistes en France, et de leur élimination du second tour des échéances électorales majeures de 2017, l’élection présidentielle et les élections législatives.

Nous plaidons donc pour le rassemblement le plus large, suivant une stratégie claire :

- les conditions d’une participation du PRG à la primaire telle que proposée par Mr Cambadelis n’étant aujourd’hui pas réunies, il faut dès à présent envisager une candidature PRG à l’élection présidentielle elle-même, car nous ne pouvons pas être absents de cette échéance majeure ;

- des candidatures radicales nombreuses aux élections législatives, qui doivent permettre à la fois la reconduction de tous nos sortants et candidats de second tour en 2012 dans le cadre d’un accord avec le Parti socialiste, et l’implantation PRG renforcée dans le plus grand nombre possible d’autres circonscriptions, en autonomie ou en coalition avec d’autres forces de gauche et écologistes, partout où nos moyens le permettront et où notre présence n’entraîne pas de risque de perte d’un siège pour la gauche. Par ailleurs, nous défendrons le principe du désistement républicain afin d’empêcher toute élection d’un député d’extrême-droite. Une stratégie doit s’appuyer sur une ligne politique claire. Plusieurs d’entre nous l’avaient déjà affirmé lors d’une contribution commune au précédent Congrès de notre parti, en 2015 : la solidarité gouvernementale n’exclut pas un regard critique et lucide sur l’action conduite, sachant que plusieurs des réformes mises en œuvre n’avaient été ni annoncées, ni concertées.

Des avancées incontestables ont eu lieu depuis 2012 : le rétablissement des moyens du service public de l’éducation nationale, la mise en place de nouveaux parcours d’accès à l’emploi pour les plus jeunes, l’instauration du mariage pour tous et la suppression du délit de solidarité avec les étrangers. Plusieurs changements majeurs sont à mettre à l’actif de nos ministres et de nos parlementaires : la réforme du financement de l’accession au logement que nous devons à Sylvia Pinel, la fin du gel du point d’indice de la fonction publique qu’a obtenue Annick Girardin, la diminution de la baisse des dotations aux collectivités territoriales pour laquelle a bataillé avec succès Jean-Michel Baylet, la lutte engagée par Thierry Braillard contre toutes les formes de discriminations dans le sport, qu’elles soient basées sur les origines, le sexe, l’orientation sexuelle ou le handicap, la création des métropoles – dotées notamment de moyens accrus pour la construction de logements – qu’a portée Anne-Marie Escoffier, ainsi que l’allongement de la période d’interdiction du licenciement des jeunes mères à leur retour dans l’entreprise, … sans oublier l’action déterminante des radicaux pour préserver l’existence des départements ou la défense des principes laïques à tous les niveaux de notre société tiraillée par les dérives communautaristes.

Mais d’autres engagements de François Hollande ont été abandonnés, comme le droit de vote des étrangers aux élections locales, la réforme de la fiscalité, ou le non-respect par le patronat des contreparties attendues de l’important effort consenti avec la mise en œuvre du CICE (où est donc le million d’emplois promis ?…).

La fin des fermetures de services publics dans les zones rurales ou les zones urbaines défavorisées, que nous avions défendue lors des primaires citoyennes, reste d’actualité, comme la relance de la construction d’une Europe fédérale, l’abrogation du Concordat en Alsace-Moselle, la mise en place d’un vrai droit à choisir de mourir dans la dignité ou la légalisation de la consommation et de la culture de cannabis.

Enfin, et sans rentrer dans le détail desdites réformes, nous ne pouvons que déplorer la manière pour le moins contestable de mener certaines réformes, les conduisant à l’échec (comme la déchéance de nationalité) ou à de sérieuses difficultés (comme la loi travail El-Khomri, sa première version inacceptable et ses versions successives toujours imparfaites et/ou discutables) : là où notre société aurait besoin de concertation, d’apaisement et de consensus on en arrive à toujours plus de fractures, de rancœurs et de divisions, sur fond de défiance démocratique, de replis identitaires/corporatistes/clientélistes et de dérives extrémistes… Cela n’est pas la République une et indivisible, laïque et sociale, que nous voulons, celle fondée sur une démocratie politique et sociale apaisée et constructive, respectueuse de chacun de ses corps intermédiaires et plus attachée à l’intérêt général à long terme qu’à la posture tactique ou la petite communication de court terme !…

Membres de la majorité, mais non socialistes, nous avons une place particulière et un rôle à jouer qui nous est propre, s’inscrivant dans notre tradition solidariste, progressiste, laïque, libertaire et eurofédéraliste :

- défenseurs des libertés publiques, nous refusons que la mise en œuvre de la nouvelle loi sur le renseignement fasse fi du respect des libertés individuelles dans un déséquilibre entre le juge et le policier, ni que la France s’enferme dans un état d’urgence permanent ;

- attachés au pacte social et républicain issu du Front populaire et de la Résistance, nous n’acceptons pas les fermetures de services publics de la santé et de la justice ni la baisse continue des dotations aux collectivités locales, échelons indispensables à la mise en place des politiques sociales de proximité, ni la marche forcée vers des intercommunalités non démocratiquement et librement choisies ;

- solidaristes de convictions, convaincus que l’épanouissement individuel doit s’inscrire dans le cadre d’une société solidaire protectrice de chacun dans l’intérêt de tous, nous plaidons pour l’instauration d’un revenu universel, qui permette de refonder le dispositif d’aides sociales aujourd’hui dépassé et d’instaurer un plus juste partage des richesses produites (en complément de la nécessaire réforme de la fiscalité) ;

- parce qu’elle ne peut plus être remise à plus tard, il faut mettre en œuvre cette profonde réforme fiscale : la fiscalité des entreprises doit être refondée pour avantager l’artisanat et les PME et non les grands groupes, tandis que la fiscalité des ménages doit rejouer un rôle redistributif : en particulier, le bouclier fiscal mis en œuvre depuis 2012 est le plus favorable aux grandes fortunes jamais instauré dans notre pays ! La fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG et la révision des bases locatives de la taxe d’habitation, anciennes et datées, sont des propositions anciennes de notre parti plus que jamais d’actualité – eurofédéralistes depuis toujours, nous entendons voir se mettre en œuvre une véritable gouvernance politique de l’Union Européenne, sans doute en commençant par son « noyau dur » de 6 à 8 pays se retrouvant sur ces objectifs communs, permettant de mettre en œuvre une diplomatie enfin coordonnée ainsi que de nouvelles politiques sociales (smic) et stratégiques notamment dans le domaine industriel avec une priorité donnée à la recherche, pour créer une relance keynésienne sur le continent européen et élever le niveau de croissance potentielle, sans oublier le principe de laïcité qui doit devenir la norme et non l’exception en Europe

Sur ces sujets comme sur tant d’autres, la France et la gauche ont plus que jamais besoin d’un Parti Radical de Gauche puissant, clair sur ses objectifs et fidèle à ses traditions. Telle est notre ambition pour écrire, ensemble, une nouvelle page de l’histoire du radicalisme en France, dans une tradition progressiste, solidariste, laïque et libertaire.




En ce 14 juillet, nous sommes moins divisés qu’il n’y paraît!

14072016

Tribune d’Annick Girardin, ministre de la Fonction publique et vice-présidente du PRG, parue sur le site huffingtonpost.fr

Ce jeudi 14 juillet, jour de Fête Nationale, a lieu le traditionnel défilé sur les Champs-Elysées. Ce moment doit nous permettre d’honorer nos militaires, nos policiers ou encore nos pompiers mais surtout de nous interroger sur l’unité de notre pays.

Ce défilé a cette année un écho tout particulier. Nos forces armées et de police sont très fortement mobilisées, à l’extérieur comme à l’intérieur de nos frontières, pour lutter contre la menace terroriste. Cette mobilisation exceptionnelle appelle la reconnaissance de la Nation pour ceux qui remplissent de façon remarquable ces missions périlleuses. Ces derniers assurent au quotidien, du Sahel aux rues de la République, la sécurité des Françaises et des Français ainsi que des citoyens de pays amis confrontés chaque jour à la menace djihadiste.

Voici venue l’ultime Fête nationale du quinquennat. Cette célébration collective est donc l’occasion de nous demander si notre pays s’est enfoncé dans les divisions ou s’il est, au contraire, plus fort et plus uni qu’il y a cinq ans. Le déclinisme et le pessimisme dans lesquels se complaisent trop de responsables politiques, syndicaux, de journalistes et d’intellectuels ne doivent pas nous empêcher de regarder la situation avec lucidité: nous sommes moins divisés que ce que l’on peut croire!

Pour moi cette unité n’est pas qu’un slogan. L’unité, c’est aussi d’avoir su faire front quand la barbarie nous a frappés en novembre dernier, ou quand les pluies diluviennes ont récemment déclenché des inondations catastrophiques qui ont touché des millions de Français. Le soutien sans faille de nos concitoyens derrière leur équipe lors de cet Euro en France, malgré la défaite, en est une preuve supplémentaire. Pour la ministre de la Fonction publique que je suis, c’est une satisfaction de chaque instant de constater à quel point les fonctionnaires sont ceux par qui notre République tient.

Mais soyons prudents. L’unité ne sera jamais un acquis. Face aux attaques incessantes contre les fondements de notre vivre ensemble, contre la république, contre le projet européen, il nous faut la réinventer chaque jour. Il nous faut la faire vivre en acte à chaque instant de notre histoire. Comment ? En continuant à créer des solidarités et en mettant en œuvre les conditions de la cohésion et cela sur tous les territoires de la République.

Les fonctionnaires sont justement au centre de ces dynamiques. Ils sont des traits d’union entre les citoyens et l’Etat mais aussi entre les citoyens eux-mêmes. Cette vérité est bonne à rappeler, à l’heure où tant de dirigeants politiques de l’opposition n’ont de cesse de caricaturer leurs missions, en les ramenant systématiquement à leur nombre et à leur statut.

Profitons donc de ce moment privilégié qu’est le dernier 14 juillet du quinquennat pour prendre de la hauteur. Pour cela il nous faut proposer, avec toujours plus de détermination et d’ambition, une voie à suivre, un horizon porteur d’espoir et d’opportunités.

Je suis une radicale de gauche. Etre impliquée dans l’action gouvernementale ne doit pas empêcher notre parti de se projeter dans l’avenir. Pour cela, il nous faut relancer collectivement les grands chantiers qui fondent l’identité politique du PRG mais qui ont été mis entre parenthèses. Je pense aux réflexions sur une 6ème République, à la défense d’une laïcité émancipatrice, à l’édification d’une Europe fédérale et sociale ou encore aux problématiques liées à la fin de vie…

Ces sujets ne sont pas déconnectés de la réalité. Ils apportent des réponses concrètes au populisme qui gagne progressivement les esprits et permettent de lever les blocages qui paralysent notre société. Ils constituent des outils indispensables pour remobiliser les Français, notamment les plus jeunes, autour du projet républicain. Ils sont les ferments de l’unité de demain!

Bonne fête nationale!

 

Annick Girardin, est Députée de  Saint-Pierre-et-Miquelon depuis 2007. Elle est membre du Parti radical de gauche. Elle est nommée le 9 avril 2014 secrétaire d’État chargée du Développement et de la Francophonie, puis ministre de la Fonction Publique à la suite du remaniement du 11 février 2016.




Pour un radicalisme de gauche

3082015

Contribution de militants Radicaux de gauche, dont David Charpentier, Conseiller municipal d’Esbly et Secrétaire général du PRG77 est un des auteurs, pour le congrès du Parti Radical de gauche, de septembre 2015.

Pour un radicalisme de gauche s’inscrivant dans une tradition républicaine, solidariste, progressiste et libertaire

Face aux menaces qui pèsent sur la République sociale qui fonde notre idéal politique, il y a urgence : urgence à refonder notre pacte social, dans la tradition rousseauiste de la philosophie des Lumières et de la grande Révolution française, en faisant de notre parti la pierre angulaire des combats futurs pour la République, de la bataille politique pour la liberté, la laïcité et la fraternité face aux idéologies de la race et du sang.
Il n’y a pas d’avenir pour un Parti radical de gauche qui serait l’appendice d’un parti qui n’a plus de socialiste que le nom, dans un social-libéralisme incolore, inodore et sans saveur, mais bien au contraire il faut réaffirmer plus que jamais la singularité et l’utilité de notre démarche solidariste, républicaniste, universaliste, laïque et libertaire visant à un contrat social réaffirmé et renforcé à l’échelon français puis progressivement au niveau européen.
Tel est le projet que nous voulons voir porté par les Radicaux de Gauche, au sein d’une contribution qui rassemble des militants d’horizons géographiques très divers, et s’inscrivant dans la continuité de l’action des grands Radicaux :
- Une tradition solidariste, au sens où l’a entendu Léon Bourgeois, premier président de la Société des nations et Prix Nobel de la paix, favorable à l’esprit mutualiste et qui a créé les premières retraites ouvrières, favorisé la mise en place de la législation sur les accidents du travail et soutenu le principe de l’impôt sur les successions et de l’impôt progressif sur le revenu ;
- Une tradition progressiste, telle que l’ont voulue des hommes et des femmes de culture radicale comme Pierre Cot et Madeleine Jean-Zay, considérant que la propriété privée des moyens de production devait être équilibrée par la mise en place d’un large système de protection sociale, et profondément attachés à la paix ;
- Une tradition, osons dire le mot, libertaire, qui accorde la priorité à la défense des citoyens face à l’arbitraire et fait de la conquête de nouvelles libertés individuelles l’horizon de ses espérances politiques.
En ce sens, les ministres, les parlementaires et les élus radicaux de gauche peuvent s’enorgueillir d’avoir mené à bien des combats justes : pour le droit au mariage et à l’adoption de personnes de même sexe, que nous avons été les premiers à défendre ; pour la dépénalisation de l’aide aux migrants ; pour la défense rigoureuse de la laïcité et des territoires de la République, soutenue constamment au gré des réformes territoriales.
Nombre d’entre nous ont également mené bataille contre la régression des libertés individuelles que comportent les réformes des services de renseignement.
Nous estimons qu’il faut aujourd’hui aller plus loin, en étant les dignes héritiers de nos prédécesseurs et en nous conformant à la feuille de route dressée par L’Audace à gauche.
Les thématiques seraient nombreuses à développer qui requièrent ce radicalisme de gauche que nous voulons audacieux et volontaire, parmi lesquelles nous nous devons de citer les dix propositions suivantes :
- La défense des services publics sur l’ensemble de notre territoire, car c’est un des fondamentaux de notre pacte républicain ;
- La défense des collectivités territoriales dont l’autonomie fiscale doit être garantie et renforcée d’une indispensable péréquation juste et concertée ;
- L’action déterminée à garantir que l’égalité des droits de tous les citoyens, sans distinction de race, d’origine et de religion soit assurée dans les faits, tant en résistance à toutes les formes de communautarismes qu’en acquisition de droits nouveaux : après le mariage pour tous, nous devons obtenir de nouvelles avancées telles que le droit de vote pour les étrangers aux élections locales, le droit pour tous à mourir dans la dignité, la dépénalisation des drogues douces, etc…
- La protection des libertés individuelles des citoyens face à la dérive sécuritaire implique de doter les autorités de contrôle de l’indépendance et des moyens nécessaires à leurs missions. Le Parlement doit enfin redevenir, comme c’est historiquement son rôle, le lieu où s’exerce la protection des citoyens. L’enfer est pavé de bonnes intentions, et une menace terroriste circonscrite ne saurait justifier un fichage des populations ;
- La laïcité doit être consacrée comme la règle première, et non négociable, du vivre-ensemble de la République. Que les cultes s’exercent librement dans la sphère privée, mais que l’instrumentalisation des religions à des fins politiques – on l’a vu avec la « manif pour tous » – ne bénéficie plus de la complicité d’élus à des fins partisanes : c’est en cessant de considérer les religions comme des acteurs du débat public qu’elles reprendront la place qui doit être la leur dans une République une et indivisible. Pour ce faire, il est nécessaire de renforcer l’action et les moyens de l’Observatoire de la Laïcité, par exemple sur le modèle du Défenseur des Droits : notre pacte républicain laïc doit être défendu de manière efficace, déterminée et coordonnée ;
- Le renforcement des différentes formes de démocratie représentative, politique et associative et sociale, notamment par la refondation d’une démocratie sociale enfin pleinement reconnue (avec la volonté de renforcer le dialogue social dans les PME par l’abaissement à 20 du seuil du nombre de salariés pour constituer un comité d’entreprise et désigner un délégué syndical, et en menant une bataille plus ferme contre la répression antisyndicale notamment par le renforcement de l’action du Défenseur des Droits en ce sens), par l’instauration d’un vrai statut de l’élu local y compris d’opposition (impliquant sa reconnaissance et des moyens garantis) et d’un vrai statut de l’acteur de la vie sociale et associative (nouvelle étape indispensable, et suite directe de la loi de 1901) ;
- En matière économique et sociale, il faut une véritable révolution fiscale, en commençant par une remise à plat de l’ensemble des « niches » fiscales et sociales, qui favorisent d’abord les plus fortunés, afin de rétablir une plus grande progressivité de l’impôt ; il faut également garantir l’assiette de notre protection sociale dont les déficits sont d’abord causés par une politique mortifère de baisses de charges aveugles, non ciblées et mal évaluées ; il faut, enfin, une réforme de la fiscalité des entreprises qui exige de favoriser l’artisanat et les PME-PMI, premier vivier de créations d’emplois, avec la réaffirmation du solidarisme comme clé de lecture, d’action et de réforme ;
- Nous devons également favoriser l’économie sociale et solidaire, par la mise en place d’une fiscalité prenant mieux en compte les externalités sociales et environnementales ;
- Dans le domaine budgétaire, une appréciation plus fine de l’efficacité de la dépense publique (en termes non seulement de croissance économique, mais aussi d’impact social et environnemental) permettrait de sortir d’une logique malthusienne, qui tend à considérer, aveuglément et sans distinction, que tout euro de dépenses publiques est un euro dépensé de trop ;
- La contribution active et déterminée des Radicaux de Gauche à la construction d’une Europe politique et sociale, fédérale et solidaire, laïque et progressiste. A cet égard, il est notamment impératif de faire de l’Union européenne un espace de politiques sociales et territoriales réellement redistributives, au risque sinon de tuer l’idéal fédéraliste européen, et de reconsidérer l’indépendance de la Banque centrale européenne, sans équivalent dans aucune autre zone économique au monde, ce qui a entraîné une absence de coordination entre les politiques monétaires et budgétaires extrêmement préjudiciable à la croissance économique.
C’est sur cette profession de foi, qui ne demande qu’à être débattue, approfondie, enrichie, que nous vous appelons, toutes et tous, à refonder la République et à réaffirmer le Radicalisme, qui se doit bien-sûr d’être de Gauche, et qui ne peut se résumer à une forme de « social-libéralisme républicain », mais bien s’affirmer comme ce grand courant solidariste et libertaire, depuis toujours et aujourd’hui plus que jamais indispensable pour donner pleinement sens à ce qui ne peut cesser d’être la Gauche.







LIVRY SUR SEINE |
Le blog des idées non-reçue... |
le blog réactif aux imbécil... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | MoDem de l'Ariège
| Bernard Ramond - Pour que v...
| la republique c'est l'arrac...