Tribune :  » Les Citoyens et la Politique. Pour une nouvelle République « 

15022019

Tribune parue sur le site de l’Humanité

Cosignée par les co-Présidents du mouvement Les Radicaux de Gauche, Virginie Rozière et Stéphane Saint-André, et par Isabelle Amaglio-Térisse, déléguée générale au programme.

Écouter les citoyens et reprendre le contrôle du système politique : une nouvelle Constitution
pour la République est nécessaire

Nous vivons un moment historiqueles citoyens se mobilisent pour exprimer des demandes politiques et revendiquent d’être associés. C’est une bonne nouvelle en soi. Cela l’est d’autant plus pour nous, Les Radicaux de Gauche, qui avons entrepris de décaper, sans concession et avec imagination, nos valeurs, notre programme et nos propositions.

Nous vivons un moment dangereuxnos repères sont chahutés : une cagnotte pour un casseur, un Ministre de la République qui semble appeler à tirer sur la foule, un populisme complaisant et le retour des débats sur la peine de mort, le mariage pour tous et le droit des femmes ! La République est donc en question et notre responsabilité collective est grande.

Nous vivons un moment de rupture car la fracture entre gouvernants et gouvernés est béante et traduit une République qui doit être repensée. En effet, le système représentatif est contesté en soi et les citoyens demandent davantage de consultations, davantage de contrôle et de comptes rendus des élus. Au-delà, c’est une remise à plat politique qui semble nécessaire alors même que l’élection présidentielle est encore récente.

Face à cette demande de transformation en profondeur, les réponses doivent être à la hauteur. Il ne s’agit pas de superposer les rustines mais de changer de modèle, littéralement. Il nous faut inventer de nouveaux leviers pour restaurer la promesse républicaine. Pour cela, il faut revoir les équilibres institutionnels donc revoir notre Constitution qui est aujourd’hui affaiblie. Compte tenu de l’ampleur des demandes et des changements, c’est une nouvelle Constitution qui s’impose.

Écouter les citoyens

Les citoyens sont clairs dans leurs demandes : participation démocratique, fiscalité, conditions sociales, répartition des richesses. Il faut écouter les classes populaires qui ont des revendications verticales et ne pas organiser des clivages verticaux nouveaux montant les uns contre les autres.

Ce n’est pas le « grand » débat mené derrière un écran avec une méthode dont l’indépendance est aussi contestable que les conclusions en sont connues qui permettra de surmonter ce cap. Ce n’est pas le tour de France du Président devant un parterre d’élus choisis, sur des thématiques biaisées, des questions réduites et dans des villes vidées pour l’occasion qui y contribuera, au contraire et chacun a d’ores et déjà bien noté que cela s’apparente à une nouvelle campagne électorale… 4 mois avant le scrutin européen. Au contraire, c’est ne rien comprendre à la demande d’expression, de considération et au sentiment de déclassement.

En cela, la pensée « complexe » de la majorité présidentielle est plutôt simple car elle tend à décrédibiliser tous ceux qui pensent différemment au motif qu’ils ne comprendraient pas. Elle est violente car elle impose des sens uniques et envoie des signes de mépris. Elle est spoliatrice de l’expression citoyenne car elle tente de l’instrumentaliser et de la cadenasser par un débat institutionnel qui la diluera et dont il résultera la validation de la dégradation des services publics et les cadeaux fiscaux, par exemple. Elle est dangereuse car elle amalgame laïcité et immigration en les enfouissant au dernier moment dans cet exercice.

Des États généraux seraient les bienvenus pour revenir à l’esprit révolutionnaire qui a permis les premières avancées en matière de libertés publiques, de solidarité nationale avec les droits inhérents à la personne humaine (« droits de ») pour l’essentiel des droits civils et politiques. Ajoutons-y les engagements pris au sortir de la 2ème guerre mondiale pour rebâtir la France avec le programme solidariste du Conseil national de la Résistance. Nous, radicaux de gauche, y sommes particulièrement attachés, nous les plaçons toujours au cœur de notre ADN. Quand on relit ces documents, il est frappant de constater leur grande actualité :

  • la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;
  • la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances de l’argent et des influences étrangères ;
  • la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;
  • l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;
  • le respect de la personne humaine ;
  • l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi.
  • le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’aménagement du régime contractuel du travail ;
  • un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;
  • un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’Etat ;
  • une retraite permettant aux vieux travailleurs et à celles et ceux qui se sont occupé de leur famille de finir dignement leurs jours.

Reprendre le contrôle du système politique

Revoyons les équilibres entre nos institutions pour rendre la représentation des citoyens effective et pour rétablir un équilibre entre les pouvoirs. Cela implique un travail en profondeur, notamment sur les volets suivants :

  • se donner des élus en phase avec la société dans toute sa diversité (pas seulement des experts, des multi-élus concentrant les pouvoirs) ce qui suppose de revoir les mécanismes de représentation et de réfléchir au statut de l’élu, aux règles de cumul, de transparence etc.,
  • revoir le statut et les pouvoirs du Président de la République (notamment de dissoudre l’Assemblée), la durée de son mandat (retour à 7 ans ?),
  • réaffirmer la place des parlementaires pour la renforcer avec une dose de proportionnalité, peut-être moins de parlementaires, des mandats moins nombreux et un calendrier leur permettant d’exercer un véritable contre-pouvoir (l’affaire Benalla a montré les limites de l’Assemblée, par exemple),
  • renforcer la séparation des pouvoirs, base d’un régime démocratique,
  • intégrer un mode de consultation des citoyens entre les élections, par exemple par voie de référendum en définissant les sujets susceptibles d’être mis ainsi en consultation (par exemple l’approbation des traités européens mais pas les libertés fondamentales) et leur organisation pour éviter les instrumentalisations et tentations plébiscitaires,
    organiser l’accès universel aux services publics et revoir l’organisation territoriale,
    étoffer les libertés fondamentales pour tirer les leçons des affrontements entre journalistes, citoyens en colère et forces de l’ordre et sanctionner des violences inadmissibles,
  • élargir le triptyque républicain « liberté, égalité, fraternité » à la laïcité.

Une nouvelle Constitution pour une République

L’intérêt général et l’humanisme sont le cœur du pacte démocratique, la République doit rester une, indivisible, laïque, démocratique et sociale. Il ne s’agit donc pas uniquement de nettoyer le cadre des nos institutions.

Revoyons aussi la fiscalité avec le symbole de l’ISF mais également la refonte de l’impôt sur le revenu pour une meilleure progressivité, la TVA pour alléger le prix des produits de consommation de base et soyons intransigeants avec la fraude et l’évasion fiscales. Il y va de notre pacte républicain et les constituants successifs depuis 1789 ne s’y sont pas trompés en exigeant que les impôts soient consentis par les citoyens (ou leurs représentants) et en rendant l’impôt obligatoire « pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration » avec une égale répartition entre les citoyens en fonction de leurs capacités (articles 13 et 14 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen). Les questions financières et fiscales ont été essentielles dans la Révolution française, elles ont également constitué le point de départ du mouvement populaire de contestation actuelle : aussi, il faut analyser le parallèle entre les doléances de cette période et celles qui s’expriment sur les ronds-points, dans les rues depuis cet hiver.

Organisons une grande conférence sociale sur la retraite, les salaires, les conditions d’emploi et les transformations du salariat, l’impact du numérique et ce que signifie le revenu de base. Cela est également en lien avec les Constitutions françaises successives, notamment le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 qui prévoit que « chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi» et que « nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances » (article 5). Ces droits sociaux, c’est-à-dire nécessitant une action positive de la collectivité (« droits à ») comprennent depuis 1946 la protection de la santé, la gratuité de l’enseignement public. Ils doivent être complétés aujourd’hui et réaffirmés, concrètement.

Une nouvelle Constitution c’est également l’inscription d’engagements écologiques plus contraignants et intégrant les nouvelles avancées scientifiques, éthiques etc. car tout le monde voit bien que nos ressources naturelles sont comptées, qu’on ne peut plus consommer de manière débridée et que certains environnements sont toxiques pour ceux qui y habitent ou y travaillent. La Charte de l’environnement de 2004, intégrée dans l’actuelle Constitution, consacre ces nouveaux droits (des droits « pour ») qu’ils soient collectifs (le pollueur doit être le payeur, article 4) ou individuels (vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé, droit à l’information, articles 1er et 7). Ils visent les droits de générations futures et doivent également être complétés et réaffirmés.

C’est de tout cela dont il faut rapidement débattre pour reprendre le contrôle d’un système politique jugé inefficace et coupé des citoyens et remédier au délitement du pacte républicain que nous constatons samedi après samedi. Il y a urgence et, en cas d’échec, il n’y a pas de plan de secours.




Les manifestations doivent se dérouler dans le respect des droits fondamentaux

18012019

La Coprésidente du Mouvement Les Radicaux de Gauche et Eurodéputée Virginie Rozière demande au gouvernement de respecter les droits fondamentaux des manifestants, dans le cadre du maintien de l’ordre, afin de restaurer un cadre serein pour le débat et le dialogue.




Faut-il considérer Mr Macron comme un négociateur hors-pair ? Par RG Schwartzenberg

3062017

Au lendemain du retrait des Etats-unis de l’accord de Paris, sur le climat, Roger-Gérard Schwartzenberg, Député PRG du Val-de-Marne et Président du groupe RRDP à l’Assemblée nationale, réagit sur les capacités, supposées, du Président de la République, Emmanuel Macron, en matière de négociations internationales.

Le Député PRG ne tombe pas ainsi, dans la béatitude macronienne, quasi quotidienne des médias et d’une grande part de la classe politique, et sait, comme Radical de gauche, conserver son sens de la raison républicaine.

rgs

 




Je veux que la Gauche gagne demain !

24112016

Ci-dessous le texte d’Annick Girardin, Ministre de la Fonction publique et vice-présidente du Parti radical de gauche, sur sa volonté de s’engager pour la victoire de la gauche, en 2017, paru sur son blog.

Pour visiter le blog d’Annick Girardin : http://annickgirardin.unblog.fr/

girardinblog

  » De Saint-Pierre et Miquelon, où j’anime des consultations d’agents pour construire la fonction publique de demain, je salue les militants du Parti Radical de Gauche qui se réunissent en Convention présidentielle le samedi 26 novembre à Paris.

Nous y déciderons de notre stratégie en vue des échéances électorales de 2017.
Dans ce processus, les militants auront toute leur place car ne l’oublions jamais, notre parti ne vit que par et pour eux.

Si, certains évoquent l’abattement de la gauche, je rappelle que la combativité anime les Radicaux de gauche. Nous réfutons le déclinisme et le pessimisme dans lesquels se complaisent trop de responsables politiques, syndicaux, de journalistes et d’intellectuels.

Ministre du Gouvernement, je reste une militante du PRG et je veux que la gauche gagne demain. C’est possible !

Comment ? En refusant les stratégies de division qui conduisent à l’affaiblissement de la fonction présidentielle, en favorisant les conditions du rassemblement de la gauche, en préservant l’unité du parti tout en garantissant notre indépendance à gauche.

Etre impliqué dans l’action gouvernementale ne doit pas empêcher le PRG de se projeter dans l’avenir. Pour cela, il nous faut relancer collectivement les grands chantiers qui fondent notre identité politique mais qui ont été mis entre parenthèses. Je pense aux réflexions sur une 6ème République, à la lutte contre l’isolement géographique et social de nos territoires en particulier en outre-mer, à la défense d’une laïcité émancipatrice, à l’édification d’une Europe fédérale et sociale ou encore aux problématiques liées à la fin de vie…

Ces sujets ne sont pas déconnectés de la réalité. Au contraire ce sont des réponses concrètes au populisme qui gagne progressivement les esprits et permettent de lever les blocages qui paralysent notre société. Ils constituent des outils indispensables pour remobiliser les Français, notamment les plus jeunes, autour du projet républicain. Ils sont les ferments de l’unité de demain !

Face à la droite qui prépare une casse sociale sans précédent, nous devons rester mobilisés. Notre histoire, le radicalisme et la gauche ne se gomment pas. Vous pouvez compter sur mon engagement à vos côtés !

Bonne Convention présidentielle à toutes et tous ! « 

Annick Girardin, Vice-Présidente du Parti Radical de Gauche




Il faut s’engager radicalement pour la jeunesse par la mise en œuvre d’une politique volontariste en matière de formation professionnelle et d’apprentissage

23072016

Contribution au congrès du PRG des 2 au 4 septembre 2016, présentée (parmi les 5 signataires) par David Charpentier, Secrétaire National et Secrétaire Général du PRG77

Nous voulons réaffirmer l’impérieuse nécessité de réactualiser et renforcer les objectifs et moyens en matière de formation professionnelle et apprentissage afin de permettre à notre jeunesse d’y concrétiser sa nécessaire émancipation et son avenir.

Nous plaçons notre démarche dans la recherche de cohérence d’une politique de réforme de notre pays.

La formation professionnelle et l’apprentissage sont en effet de formidables possibilités d’apprendre qui rapprochent les jeunes du milieu du travail. Parce qu’ils sont baignés dans une réalité professionnelle et sociale, ces jeunes prennent alors davantage conscience de ce que peuvent leur apporter les enseignements théoriques.

Le choix de renforcer l’apprentissage est un choix symboliquement fort. Cependant il n’est pas possible de le renforcer en surestimant la capacité de l’entreprise à accompagner ces jeunes, à les parrainer. Par conséquent, des dispositifs concrets et concertés doivent permettre au niveau des employeurs, de renforcer le rôle, la sécurité des jeunes et de l’entreprise et les moyens (notamment en temps dédié) des « tuteurs » et « parrains » d’assurer véritablement leur fonction d’accompagnement (sans que ce soit au détriment de leur propre charge de travail).

Il convient également de garantir la protection des mineurs (notamment à l’égard des horaires) tout en trouvant des solutions concertées pour tenir compte à la fois des contraintes professionnelles dans le milieu du travail et de la nécessité de conserver le caractère fondamental des compétences et acquis scolaires, afin de faciliter leur intégration professionnelle mais aussi garantir un socle d’apprentissages fondamentaux, tant généraux que techniques.

Aujourd’hui, au vu de la situation de la formation professionnelle et de l’apprentissage, il faut clairement se poser la question : combien de temps, d’argent et d’énergie ? Et pour quels résultats ?

C’est donc une remise à plat complète des dispositifs qu’il faut entreprendre et nous croyons à la nécessité d’instaurer un véritable tripartenariat : Etat / Partenaires sociaux / Régions.

Le Premier pour qu’il reprenne le pilotage de l’ensemble du dispositif – aujourd’hui bien trop « éclaté » -

Les seconds pour qu’ils assurent le nécessaire équilibre social

Les troisièmes pour qu’elles fassent véritablement œuvre d’articulation territoriale et d’accompagnement concerté avec les uns et les autres.

Par ailleurs, il convient de s’interroger sur les moyens à mettre en œuvre pour

- restaurer la confiance et la motivation des élèves orientés vers l’enseignement professionnel et l’apprentissage,

- donner à ces filières la reconnaissance qu’elles méritent,

- et y constituer des voies d’excellence, d’abord par la poursuite des études en BTS (mais aussi par l’accès aux classes préparatoires), aujourd’hui en proportion trop faible (moins de 50%) et conduisant à trop de décrochage scolaire et trop d’échec aux examens, ce qui démontre qu’il y a lieu de réfléchir et d’agir, fortement, rapidement et efficacement.

C’est donc une refondation radicale de la formation professionnelle et de l’apprentissage que nous appelons de nos vœux. Dans l’intérêt de notre jeunesse, dans l’intérêt général de notre nation.

Jean-Pierre Bernard, Secrétaire Général du PRG29, membre du CD

Nadine Carré-Tea, Secrétaire Générale du PRG33, membre du CD

David Charpentier, Secrétaire National, SG PRG77, membre du SN, du BN et du CD

Pierre-Emmanuel Costeux, PRG 29, chef d’entreprise

Damien Pernet, PRG 38, professeur en lycée professionnel




Ecrire une nouvelle page de l’histoire du radicalisme en France, dans une tradition progressiste, solidariste et libertaire

23072016

Contribution au congrès du PRG des 2 au 4 septembre 2016, signée par de nombreux militants du PRG77

Le radicalisme est le plus ancien courant politique républicain en France : il a notamment été à l’origine de la loi de séparation des Églises et de l’État en 1905, de la création du ministère du Travail et des retraites ouvrières et paysannes, ainsi que de l’instauration de l’impôt progressif sur le revenu et de la création du mouvement mutualiste (initié par Léon Bourgeois).

À toutes les grandes périodes de l’histoire de la gauche en France, les Radicaux puis les Radicaux de gauche ont répondu présents : lors du Front populaire, dans la Résistance autour de la figure de Jean Moulin, dans le combat anticolonial avec Pierre Mendes-France, dans la création de la Fédération de la Gauche Démocratique et Socialiste, puis de l’Union de la gauche, de la Gauche plurielle et dans la mise en œuvre des Primaires citoyennes.

Notre tradition et notre histoire s’enrichissent des traditions solidaristes de Léon Bourgeois, progressistes de Pierre Cot et Madeleine Zay, et libertaires dans la défense ardente des libertés. Aujourd’hui que la politique en France suscite un rejet sans précédent dans l’opinion publique, notre conviction est qu’il faut rassembler toute la gauche et les écologistes pour écrire une nouvelle page de l’histoire de la gauche, forte de notre tradition radicale, dans le refus commun des politiques de régression en matière sociale, de laïcité, de défense des droits des étrangers et sur le plan sécuritaire qu’incarnent la droite et l’extrême-droite.

La gauche de gouvernement n’a jamais eu d’ennemi à gauche : ceux qui encouragent des clivages internes à la gauche, voire lorgnent vers la droite en faisant croire que le clivage gauche-droite est dépassé, portent le danger mortifère de la division des forces progressistes en France, et de leur élimination du second tour des échéances électorales majeures de 2017, l’élection présidentielle et les élections législatives.

Nous plaidons donc pour le rassemblement le plus large, suivant une stratégie claire :

- les conditions d’une participation du PRG à la primaire telle que proposée par Mr Cambadelis n’étant aujourd’hui pas réunies, il faut dès à présent envisager une candidature PRG à l’élection présidentielle elle-même, car nous ne pouvons pas être absents de cette échéance majeure ;

- des candidatures radicales nombreuses aux élections législatives, qui doivent permettre à la fois la reconduction de tous nos sortants et candidats de second tour en 2012 dans le cadre d’un accord avec le Parti socialiste, et l’implantation PRG renforcée dans le plus grand nombre possible d’autres circonscriptions, en autonomie ou en coalition avec d’autres forces de gauche et écologistes, partout où nos moyens le permettront et où notre présence n’entraîne pas de risque de perte d’un siège pour la gauche. Par ailleurs, nous défendrons le principe du désistement républicain afin d’empêcher toute élection d’un député d’extrême-droite. Une stratégie doit s’appuyer sur une ligne politique claire. Plusieurs d’entre nous l’avaient déjà affirmé lors d’une contribution commune au précédent Congrès de notre parti, en 2015 : la solidarité gouvernementale n’exclut pas un regard critique et lucide sur l’action conduite, sachant que plusieurs des réformes mises en œuvre n’avaient été ni annoncées, ni concertées.

Des avancées incontestables ont eu lieu depuis 2012 : le rétablissement des moyens du service public de l’éducation nationale, la mise en place de nouveaux parcours d’accès à l’emploi pour les plus jeunes, l’instauration du mariage pour tous et la suppression du délit de solidarité avec les étrangers. Plusieurs changements majeurs sont à mettre à l’actif de nos ministres et de nos parlementaires : la réforme du financement de l’accession au logement que nous devons à Sylvia Pinel, la fin du gel du point d’indice de la fonction publique qu’a obtenue Annick Girardin, la diminution de la baisse des dotations aux collectivités territoriales pour laquelle a bataillé avec succès Jean-Michel Baylet, la lutte engagée par Thierry Braillard contre toutes les formes de discriminations dans le sport, qu’elles soient basées sur les origines, le sexe, l’orientation sexuelle ou le handicap, la création des métropoles – dotées notamment de moyens accrus pour la construction de logements – qu’a portée Anne-Marie Escoffier, ainsi que l’allongement de la période d’interdiction du licenciement des jeunes mères à leur retour dans l’entreprise, … sans oublier l’action déterminante des radicaux pour préserver l’existence des départements ou la défense des principes laïques à tous les niveaux de notre société tiraillée par les dérives communautaristes.

Mais d’autres engagements de François Hollande ont été abandonnés, comme le droit de vote des étrangers aux élections locales, la réforme de la fiscalité, ou le non-respect par le patronat des contreparties attendues de l’important effort consenti avec la mise en œuvre du CICE (où est donc le million d’emplois promis ?…).

La fin des fermetures de services publics dans les zones rurales ou les zones urbaines défavorisées, que nous avions défendue lors des primaires citoyennes, reste d’actualité, comme la relance de la construction d’une Europe fédérale, l’abrogation du Concordat en Alsace-Moselle, la mise en place d’un vrai droit à choisir de mourir dans la dignité ou la légalisation de la consommation et de la culture de cannabis.

Enfin, et sans rentrer dans le détail desdites réformes, nous ne pouvons que déplorer la manière pour le moins contestable de mener certaines réformes, les conduisant à l’échec (comme la déchéance de nationalité) ou à de sérieuses difficultés (comme la loi travail El-Khomri, sa première version inacceptable et ses versions successives toujours imparfaites et/ou discutables) : là où notre société aurait besoin de concertation, d’apaisement et de consensus on en arrive à toujours plus de fractures, de rancœurs et de divisions, sur fond de défiance démocratique, de replis identitaires/corporatistes/clientélistes et de dérives extrémistes… Cela n’est pas la République une et indivisible, laïque et sociale, que nous voulons, celle fondée sur une démocratie politique et sociale apaisée et constructive, respectueuse de chacun de ses corps intermédiaires et plus attachée à l’intérêt général à long terme qu’à la posture tactique ou la petite communication de court terme !…

Membres de la majorité, mais non socialistes, nous avons une place particulière et un rôle à jouer qui nous est propre, s’inscrivant dans notre tradition solidariste, progressiste, laïque, libertaire et eurofédéraliste :

- défenseurs des libertés publiques, nous refusons que la mise en œuvre de la nouvelle loi sur le renseignement fasse fi du respect des libertés individuelles dans un déséquilibre entre le juge et le policier, ni que la France s’enferme dans un état d’urgence permanent ;

- attachés au pacte social et républicain issu du Front populaire et de la Résistance, nous n’acceptons pas les fermetures de services publics de la santé et de la justice ni la baisse continue des dotations aux collectivités locales, échelons indispensables à la mise en place des politiques sociales de proximité, ni la marche forcée vers des intercommunalités non démocratiquement et librement choisies ;

- solidaristes de convictions, convaincus que l’épanouissement individuel doit s’inscrire dans le cadre d’une société solidaire protectrice de chacun dans l’intérêt de tous, nous plaidons pour l’instauration d’un revenu universel, qui permette de refonder le dispositif d’aides sociales aujourd’hui dépassé et d’instaurer un plus juste partage des richesses produites (en complément de la nécessaire réforme de la fiscalité) ;

- parce qu’elle ne peut plus être remise à plus tard, il faut mettre en œuvre cette profonde réforme fiscale : la fiscalité des entreprises doit être refondée pour avantager l’artisanat et les PME et non les grands groupes, tandis que la fiscalité des ménages doit rejouer un rôle redistributif : en particulier, le bouclier fiscal mis en œuvre depuis 2012 est le plus favorable aux grandes fortunes jamais instauré dans notre pays ! La fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG et la révision des bases locatives de la taxe d’habitation, anciennes et datées, sont des propositions anciennes de notre parti plus que jamais d’actualité – eurofédéralistes depuis toujours, nous entendons voir se mettre en œuvre une véritable gouvernance politique de l’Union Européenne, sans doute en commençant par son « noyau dur » de 6 à 8 pays se retrouvant sur ces objectifs communs, permettant de mettre en œuvre une diplomatie enfin coordonnée ainsi que de nouvelles politiques sociales (smic) et stratégiques notamment dans le domaine industriel avec une priorité donnée à la recherche, pour créer une relance keynésienne sur le continent européen et élever le niveau de croissance potentielle, sans oublier le principe de laïcité qui doit devenir la norme et non l’exception en Europe

Sur ces sujets comme sur tant d’autres, la France et la gauche ont plus que jamais besoin d’un Parti Radical de Gauche puissant, clair sur ses objectifs et fidèle à ses traditions. Telle est notre ambition pour écrire, ensemble, une nouvelle page de l’histoire du radicalisme en France, dans une tradition progressiste, solidariste, laïque et libertaire.







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