Un referendum ne fera pas le printemps

16102015

Y croient-ils vraiment, les Socialistes, à leur référendum pour  » l’unité de la gauche et des écologistes aux élections régionales  » ? Ce serait bien simple, si sur la foi du résultat de ce référendum qui, à n’en pas douter, verra triompher le OUI, nous retrouvions une gauche unie et conquérante.

Mais, aujourd’hui, la gauche est durablement divisée.

Qu’elle soit réelle, souvent, ou de posture, quelques fois, la fracture qui sépare la gauche de gouvernement et celle de contestation semble profonde. La seconde accusant la première de trahison, tandis que cette dernière fait un procès en irresponsabilité à la contestataire.

Peut-on croire au moins, que ces affrontements verbaux donnent lieu à des échanges ? Non, ce ne sont que monologues, parfois longs, où des tribuns satisfaits d’eux-mêmes, s’écoutent, mais n’écoutent pas l’autre.

Certes, la politique du gouvernement est difficile, dure et parfois incomprise par une large frange de la population française.

Difficile, parce que les erreurs d’hier, de 10 années de gouvernement de droite, doivent être réparées et chacun sait que ce n’est pas en 3 ans, que la politique de ruine du pays et d’affaiblissement de notre compétitivité sera effacée et que notre pays pourra, à nouveau, renouer avec l’emploi et des comptes positifs.

Dure, car la politique de redressement demande à chacun sa part d’efforts. Le prix de ces efforts est souvent élevé pour les classes populaires et moyennes. Surtout, quand les économies touchent des domaines de la solidarité, comme la santé, l’éducation ou l’emploi.

Incomprise. Un des maux de la crise de confiance de la population, en particulier, celle qui se revendique de gauche, avec l’exécutif actuel, remonte à la campagne de 2012. Une campagne axée sur le changement et la justice. La France voulait sortir de 5 années de sarkozisme, durant lesquelles, elle avait vu des milliards d’euro de cadeaux fiscaux donnés, non pas aux entreprises, mais plus directement, à ceux qui les possédaient. Ce quinquennat était celui de l’injustice et les Françaises et les Français voulaient que cela change. Mais, ce changement s’est heurté à la réalité dégradée du pays et que le nouveau gouvernement n’a pas su expliquer.

Nos concitoyens, conscients de l’état du pays, laissé par Nicolas Sarkozy, étaient prêts à consentir des efforts. Mais le peuple français est un peuple épris de justice. Et ces efforts se devaient d’être justes. La politique gouvernementale, à tord ou à raison, a été perçue comme injuste. Pour rétablir les comptes de la Nation, le gouvernement a augmenté les impôts, notamment ceux touchant la large classe moyenne du pays et multiplié les taxes. D’un autre coté, assuré que le redressement du pays et de l’emploi passerait par la reconquête de la compétitivité de nos entreprises, il a lâché à ces dernières des milliards d’euros, et qui sont restés comme autant de lettres mortes, en comparaison des seuls intérêts des actionnaires.

A ce jour, le chemin est encore long vers le rétablissement durable des comptes de la Nation et la baisse pérenne du chômage demeure un objectif.

Avec les efforts consentis et le manque de résultats, les Français, et en premier lieu, ceux se réclamant de gauche, se sont détachés de la majorité gouvernementale.

Un détachement qui a provoqué, à quelques très rares exceptions, des défaites électorales, toujours plus cuisantes. Et qui en promet une nouvelle lors des régionales.

Une élection est certes le moyen de sanctionner une politique et un gouvernement. D’exprimer un mécontentement, qui peut se révéler légitime.

Cependant, les élections locales, comme les départementales ou les régionales, ont comme caractéristique d’avoir peu d’influence sur la politique nationale. Et celles de mois de décembre ne dérogeront en rien à cette règle. Non, la politique gouvernementale n’en sera pas influencé et elle ne changera pas jusqu’à la fin du quinquennat.

Seules les politiques régionales seront en jeu. Les régions ont des compétences importantes dans notre pays. Elle le seront d’autant plus, qu’à partir de 2016, ce sont des régions élargies qui découperont le territoire. Ces compétences qui recouvrent le développement économique, l’aménagement du territoire, la formation professionnelle, l’éducation, les transports, le numérique ou encore, le développement durable. Des compétences confiées par l’Etat et qui représentent une partie importante de l’action publique.

Depuis, les dernières élections, les régions métropolitaines sont administrées, à une exception, par des majorités regroupant le Parti socialiste, les Radicaux de gauche, EELV, le FDG et des divers gauche. Ces majorités ont, au lendemain de la crise de 2008 et aujourd’hui encore, permis aux régions d’être des amortisseurs sociaux et de favoriser sur leurs territoires l’emploi et la formation.

Le bilan des régions gérées par la gauche est globalement bon. Et les majorités d’union sortantes n’ont pas à rougir de celui-ci. Mais, tout aussi bon qu’il puisse être, il y a risque sur les politiques dont ont bénéficié nos concitoyens. Les défaites promises marqueront, en effet, la fin de ces politiques de solidarité et de progrès menées jusqu’à présent. Il suffit pour le soupçonner de voir ce qui se passe dans les départements conquis par la droite en mars dernier. A peine 6 mois sont passés et déjà ce ne sont que coupes sombres dans les programmes sociaux et d’aides à l’enfance. Et les ambitions de cette droite est d’agir de même sur les compétences des régions comme la formation ou le développement durable.

Oui, le risque est grand de perdre tous les bénéfices de politiques, pour les classes moyennes et populaires, que les régions gouvernées par la gauche unie ont su élaborées. Et, c’est une raison fondamentale, parce qu’il en va de la vie quotidienne de nos concitoyens, en ces temps de crise forte, de favoriser partout où cela est possible, c’est-à-dire, dans la grande majorité des régions, l’union des force de gauche et des écologistes.

Cependant, une défaite électorale face à des forces conservatrices, mais républicaines est une chose normale.

Même, si parfois, des éléments de ces forces en viennent à oublier leur héritage républicain et semblent courir après des idées haineuses et anti-républicaines, apeurés qu’ils sont de se voir privés de la victoire promise. Ils n’hésitent pas à reprendre à leur compte des thèmes qui leur ont pourtant déjà coûté la victoire, mais que leur déraison commande de prendre à nouveau.

Et cette peur qui gangrène les rangs conservateurs est celle d’un danger, qui va au-delà de la simple défaite électorale. Elle alerte sur le retour de forces du passé, sur une idéologie de haine et de fureur.

Et si, au nom de discordances politiques, l’union de la gauche et des écologistes ne se révélait pas possible. Si, les fractures étaient trop profondes pour se parler et se rassembler. Le danger, bien réel, de victoires, dans plusieurs régions, de ces forces, devrait faire réfléchir, les dirigeants et les militants des partis de gauche, progressistes, écologistes et républicains.

Face à la haine, à la xénophobie, au nationalisme, à la peur de l’autre, les forces de gauche ont la responsabilité, le devoir, de s’unir.

Il ne s’agit pas de cautionner telle politique. Il ne s’agit pas de soutenir tel gouvernement.

Il s’agit de défendre les principes de la République. Ceux de 89 empreints d’égalité et de liberté. Ceux de 48, imprégnés d’universalisme. Et ceux de 36, inscrits dans le progrès social et l’anti-fascisme.

La gauche doit impérativement joindre ses forces autour de ces principes, qui sont son ADN, pour faire barrage à un ennemi de la République et de la Nation.

Le referendum organisé par les Socialistes permettra-t-il la constitution de cette union nécessaire ? J’en doute.

Il ne pose pas les conditions d’un dialogue franc et direct entre les composantes de la gauche. Au contraire, il entend imposer et faire entendre une seule version, celle du « qui m’aime me suive », en passant au-dessus des décideurs de chacun des partis. Ce n’est pas comme cela que l’on peut créer les conditions d’un rassemblement. Le parti dominant, en forçant à l’unité, alors qu’il lui fallait entamer cette démarche par l’échange et le partage, démontre qu’il a que pour seule envie, celle de sauver ses présidences et ses élus. La possibilité de perdre tous ses élus dans plusieurs régions, accompagnant la disparition de toute la gauche dans ces mêmes régions étant réelle.

Le délai final pour un rassemblement de la gauche et des écologistes, pour ces régionales, n’est pas encore dépassé. Une vraie union des partis de gauche, républicains et progressistes est encore possible.

Ce rassemblement préfigurera en rien l’attitude et la liberté de chacun pour les échéances de 2017.

Mais, il aura deux bénéfices indiscutables.

Le 1er,  pour les populations des régions qui auront la possibilité de conserver les politiques de solidarité et de progrès des majorités de gauche.

Le 2nd sera de marquer un stop à la progression du parti de la haine et de montrer au peuple français, que la gauche, au-delà de ses différences, sait s’imposer l’union afin de répondre au danger que serait la victoire de ce parti, pour la République. Un stop qui entamera sérieusement sa capacité à jouer un rôle majeur dans les échéances futures.

La gauche doit donc se donner rendez-vous pour se rassembler et battre les haineux. Ce rendez-vous, elle l’a avec elle-même et avec son histoire.

 




Crise agricole : la nécessité d’un changement de modèle de production – Communiqué des JRG

23072015

Vous trouverez ci-dessous, un communiqué de Géraldine Guilpain, Présidente des Jeunes Radicaux de Gauche, sur la crise agricole que traverse depuis des années notre pays.

http://www.jeunesradicauxdegauche.com/

Les éleveurs français traversent une crise grave. Une aide d’urgence est nécessaire pour les aider à faire face à la baisse des prix de la viande et du lait. Nous saluons donc les 600 millions d’euros débloqués par le gouvernement. Cette mesure ne suffira pourtant pas à résoudre les difficultés que le monde agricole connait. La crise du modèle de production agricole français est profonde et nécessite de prendre des mesures courageuses.

L’agriculture, grandement subventionnée, doit à moyen terme retrouver du souffle, notamment par une meilleure redistribution des revenus entre les agriculteurs, l’industrie agroalimentaire et les distributeurs. Afin d’éviter les échecs des dernières années, nous proposons la tenue de conférences de prix régulières par produits, réunissant l’ensemble de la chaîne du producteur au consommateur. Elles permettraient de garantir une fourchette de prix à la production et l’Etat serait garant de ces accords.

Pourtant un dispositif de régulation ne résoudra pas la question du modèle de production si une majorité d’éleveurs ne décide pas aujourd’hui de quitter un schéma productiviste trop dépendant des cours boursiers, destructeur de l’environnement, de la santé des citoyens et économiquement intenable.

L’exemple du choix d’alimentation des bêtes est à ce titre illustratif. De nombreux élevages utilisent uniquement du maïs et du soja. Le prix de ces céréales, souvent importés en France, sont fixés par la bourse de Chicago et dépendent des fluctuations et spéculations diverses. Cette alimentation, qui n’est pas naturelle, nécessite la prise par les bêtes de compléments et médicaments. Les exploitations s’endettent alors qu’une simple réintroduction d’alimentation fourragère permettraient de baisser la pression spéculative et éviter des apports chimiques aux coûts certains.

De nombreux agriculteurs ont décidé d’aborder leur métier différemment et génèrent des modèles viables économiquement, et qui permettent de réhumaniser des exploitations. Dans ce même but, les filières courtes doivent être valorisées autant que possible. Car rappelons que l’intensification capitalistique de l’agriculture a vidé les campagnes et isolé de nombreux éleveurs.

Cette refonte de la politique agricole a besoin d’une volonté politique forte, notamment pour réorienter le subventionnement dans le cadre de la PAC en faveur d’une agriculture qui soutient la production de qualité et le travail.

Cette évolution permettrait ainsi l’amélioration de la qualité des produits et offrirait l’accès de tous à des produits sains, car l’offre biologique reste aujourd’hui une offre peu accessible pour beaucoup de Français. En outre, la baisse de l’utilisation des produits phytosanitaires diminuerait le coût des externalités environnementales négatives soutenues par la collectivité, c’est-à-dire par l’ensemble des citoyens français.

Le consommateur doit enfin être mieux informé, en rendant obligatoire l’étiquetage de la l’origine de la production, et pas simplement du lieu d’abattage ou de transformation.

Le gouvernement français et les institutions européennes ont aujourd’hui la responsabilité de dépasser le modèle agricole hérité de l’après-guerre pour offrir aux éleveurs les moyens de vivre de leur travail et aux citoyens une alimentation plus respectueuse de l’environnement.







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